Le cœur du bassin, pour ce métier, bat au nord et à l'est de Pau, dans l'aéronautique. À Bordes (~15 km au nord-est), Safran Helicopter Engines — l'ex-Turbomeca — conçoit et produit les moteurs d'hélicoptères de la famille Arriel, Arrano et Makila ; c'est le site fondateur d'un motoriste que le secteur place parmi ses tout premiers mondiaux, et il emploie sur place plusieurs milliers de personnes (tranche registre 2 000 à 4 999).
L'ingénieur qualité y travaille au plus près de la navigabilité : maîtrise des procédés spéciaux, première inspection des articles, traçabilité pièce à pièce sous EN 9100, dans un univers où une non-conformité n'est jamais un simple rebut. Sur le même site, Turbomeca Support Centers prolonge le métier vers la réparation et l'entretien — la maintenance aéronautique, sous EN 9110, avec ses exigences propres de retour en service.
À Bidos (~35 km au sud, vallée d'Oloron), Safran Landing Systems, héritier de Messier-Dowty, produit des trains d'atterrissage : une mécanique de sécurité lourde, où la qualité répond de la tenue d'organes soumis à des charges extrêmes.
Autour de ces donneurs d'ordre s'est constellé, à l'Aéropôle Pyrénées de Serres-Castet (~12 km au nord), un tissu de sous-traitance de précision qui partage le même EN 9100 : Exameca (250 à 499 salariés) et Mécanique Aéronautique Pyrénéenne en tôlerie fine et usinage, le groupe AD Industries avec ses tubes et sa micro-mécanique à Gurmençon, Aquitaine Électronique en électronique embarquée.
Ces ateliers ajoutent au référentiel aéronautique une exigence de plus, l'accréditation NADCAP des procédés spéciaux — traitements de surface, contrôles non destructifs, soudage —, qu'incarne à Uzein, près de l'aéroport, le traiteur de surface Aeroprotec.
Et à Abidos, aux portes de Lacq, Toray Carbon Fibers Europe file de la fibre de carbone haute performance : un site présenté comme le principal d'Europe pour ce matériau, dont la qualité est celle d'une matière de souveraineté, contrôlée lot par lot.
Le second monde du bassin est celui du procédé continu, sur la plateforme de Lacq.
Depuis l'épuisement du gaz commercial, le site s'est réinventé en pôle de chimie et d'énergie : Arkema y exploite des unités de chimie à Mont et à Lacq, la Société béarnaise de gestion industrielle (Sobegi) opère les plateformes mutualisées d'Induslacq et de Chem'pôle 64 à Mourenx, Air Liquide
produit des gaz industriels et de l'hydrogène à Pardies, Speichim Processing régénère des solvants, et des industriels de la maintenance comme Endel ou Ortec y tiennent la disponibilité des installations.
Ici, la qualité ne se sépare pas de la sécurité : plusieurs sites relèvent de la directive Seveso, et le métier s'exerce sous l'empire des études de dangers, des atmosphères explosives et des équipements sous pression, autant que des normes de management ISO 9001, 14001, 45001 et 50001. C'est un cadre où l'ingénieur qualité raisonne en risque procédé avant de raisonner en pièce.
Un troisième univers, plus court mais réel, introduit la sécurité des aliments : à Oloron-Sainte-Marie (~35 km au sud), la chocolaterie Lindt & Sprüngli (500 à 999 salariés) travaille sous référentiels IFS et BRCGS ; à Lescar, aux portes de Pau, la coopérative Euralis pilote une qualité agroalimentaire sous ISO 22000 et IFS.
Enfin, à Pau même, TotalEnergies exploite le Centre scientifique et technique Jean-Féger, l'un de ses grands centres de géosciences et d'ingénierie (plus d'un millier de personnes) : un environnement de la donnée, du logiciel et des procédés plus que de l'usine, où la qualité prend un visage un peu différent — assurance des données, des méthodes et de la conformité HSE.
À l'échelle du territoire, le bassin de Lacq revendique de l'ordre de sept mille six cents emplois industriels et le groupement Chemparc affiche un objectif de dix mille à l'horizon 2035 : le marché de la qualité y est large, jamais étroit.