Les employeurs de Saint-Étienne qui recrutent ce profil
Le bassin stéphanois fait travailler l'ingénieur qualité sur plusieurs univers normatifs qui ne partagent presque rien, et c'est le cœur médical qui le distingue de tout autre territoire.
Le textile médical et la compression forment ce cœur, que Saint-Étienne Métropole met en avant sous le label « Leader in medical textiles ». Thuasne, à Saint-Étienne (NAF 13.96Z, quatre établissements dans la commune, de la tranche 200-249 à 20-49 salariés), y garde son centre industriel historique — compression veineuse, orthopédie souple et textiles connectés — même si son siège social est à Levallois-Perret ; l'ingénieur qualité y travaille sous ISO 13485 et Règlement (UE) 2017/745 (MDR), avec maîtrise du dossier technique et validation des procédés textiles. À une vingtaine de kilomètres, dans le bassin stéphanois mais hors métropole, Sigvaris, à Saint-Just-Saint-Rambert (250-499 salariés, NAF 13.96Z, avec une filature à Andrézieux-Bouthéon), est leader mondial de la compression médicale ; Saint-Étienne Métropole et la presse économique lui prêtent de l'ordre de 830 salariés sur quatre sites et 39 % du marché français. Gibaud, à Saint-Étienne (NAF 13.96Z, 100-199 salariés), marque du groupe Innothera présente dans la ville depuis plus d'un siècle, ajoute l'orthopédie textile. Marle Finishing, à La Talaudière (NAF 32.50A, 50-99 salariés), finit des implants orthopédiques : dispositif médical de classe III, donc traçabilité UDI et exigences documentaires renforcées. Urgo Advanced Textile, à Veauche (bassin stéphanois, à ~20 km, NAF 13.92Z, 100-199 salariés), fabrique les textiles des pansements et du soin des plaies ; Neyret Textile Identification, à Saint-Étienne (NAF 13.96Z, 50-99 salariés), tisse rubans et étiquettes techniques et médicaux. Tous relèvent du même socle — ISO 13485 et MDR — qui fait de la conformité réglementaire du dispositif médical l'axe le plus recherché du bassin.
Cette densité a son animateur : Novéka, cluster du dispositif médical et de la e-santé créé en 1993, qui fédère une cinquantaine de structures depuis la Grande Usine Créative du quartier de la Manufacture, à Saint-Étienne, et que préside le directeur général de Sigvaris Group France. Le même savoir-faire textile irrigue des activités techniques non médicales — Julien Faure (rubans tissés) à Saint-Just-Saint-Rambert, les Établissements Samuel Roche (élastiques) à La Ricamarie, Euro Sandow (élastiques techniques) à Saint-Étienne — héritières directes de la rubanerie et de la passementerie stéphanoises.
Le deuxième univers est la métallurgie et l'acier. Aubert & Duval, à Firminy (NAF 25.50A, 100-199 salariés), élabore superalliages et aciers spéciaux pour l'aéronautique, la défense et le nucléaire ; l'établissement a été repris en avril 2023 par Airbus, Safran et Tikehau Capital, et la qualité y vit sous EN 9100, qualification Nadcap des procédés spéciaux et spécifications matière AMS, avec une traçabilité de coulée stricte. Industeel France (groupe ArcelorMittal), à Châteauneuf (250-499 salariés) et Saint-Chamond (20-49 salariés, NAF 24.10Z), lamine tôles fortes et aciers spéciaux pour appareils sous pression et nucléaire : la conformité y passe par les certificats matière EN 10204 (3.1 et 3.2), la directive équipements sous pression 2014/68/UE et les codes de construction RCC-M et ASME. Setforge, à L'Horme (groupe Farinia, NAF 25.50A, 50-99 salariés), et Barriol et Dallière Industries, à Andrézieux-Bouthéon (bassin stéphanois, à ~20 km, NAF 25.50A, 50-99 salariés), forgent et estampent pour l'aéronautique, la défense et l'énergie, sous EN 9100 et Nadcap. Loire Industrie, à Saint-Chamond (NAF 24.20Z, 50-99 salariés), produit des tubes d'acier contrôlés par essais non destructifs et certificats EN 10204.
Autour de ces deux cœurs gravitent des métiers qualité tout aussi normés. Le traitement de surface et thermique — procédés spéciaux qualifiés Nadcap — est porté par Techniques Surfaces Andrézieux, à Andrézieux-Bouthéon (bassin stéphanois, à ~20 km, du groupe HEF, spécialiste stéphanois de l'ingénierie des surfaces, NAF 25.61Z, 200-249 salariés), où la qualité relève de Nadcap, de l'IATF 16949 automobile et de l'ISO 9001, et par Bodycote, à La Talaudière (traitement thermique, NAF 25.61Z, 20-49 salariés, siège France à Saint-Priest), sous Nadcap et CQI-9. Le levage et la mécanique de précision réunissent Haulotte Group, dont le siège est à Lorette (nacelles élévatrices, leader européen des plateformes de travail en hauteur, NAF 28.22Z, production de 250-499 salariés), qui relève de la directive Machines 2006/42/CE et de la norme EN 280, et Cefimeca, à La Talaudière (usinage de précision, NAF 25.62B, 50-99 salariés), où l'ingénieur qualité vit sur le contrôle dimensionnel et la métrologie sous ISO 9001. L'optique et l'optronique s'appuient sur le site Thales de Saint-Héand (NAF 26.70Z, 250-499 salariés), qui perpétue l'héritage Angénieux d'objectifs de cinéma et d'optronique sous EN 9100, et sur KNDS Optronics, à Saint-Étienne (NAF 25.40Z, 20-49 salariés). L'héritage armurier reste vivant avec Verney-Carron, à Saint-Étienne (fondée en 1820, dernier grand armurier de la ville, NAF 25.40Z, 50-99 salariés, réglementation des armes, épreuve et contrôle sous ISO 9001), et avec KNDS, à Saint-Chamond (NAF 25.40Z, 50-99 salariés), qui produit des systèmes de défense NRBC sur le site historique de la Manufacture de Saint-Chamond. Enfin, Focal JMlab, à La Talaudière (enceintes et casques haut de gamme, NAF 26.40Z, 250-499 salariés), ajoute une qualité électronique sous ISO 9001, marquage CE (compatibilité électromagnétique, basse tension) et exigences RoHS et REACH.
Cette juxtaposition — le dispositif médical, la forge d'aciers spéciaux, l'ingénierie des surfaces, l'optique et l'électronique — fait qu'un ingénieur qualité peut, à Saint-Étienne, changer entièrement de référentiel sans jamais quitter le bassin.