Le rail domine, et il commence à Crespin. L'établissement Alstom y occupe la tranche 1 000 à 1 999 salariés et construit du matériel roulant — rames, bogies, systèmes ; c'est l'ancien site ANF, passé sous pavillon Bombardier puis rebaptisé Alstom Crespin en 2021, que la presse chiffre autour de mille huit cents salariés.
À quelques kilomètres, l'établissement Alstom de Petite-Forêt, lui aussi dans la tranche 1 000 à 1 999 salariés, prolonge la construction et l'ingénierie ; réunis, les deux sites forment ce que la presse régionale présente comme le plus grand site de construction ferroviaire de France, avec de l'ordre de quatre mille salariés Alstom sur les deux communes.
Pour l'ingénieur qualité, l'entrée dans cet univers signifie le référentiel ferroviaire international IRIS, le soudage des véhicules ferroviaires et la démonstration de sûreté de fonctionnement — fiabilité, disponibilité, maintenabilité, sécurité — propre au rail.
Autour de ce cœur gravite toute une constellation ferroviaire. À Trith-Saint-Léger, Valdunes fabrique des roues et des essieux : c'est le dernier producteur français de ces organes, repris par le groupe Europlasma après une décision du tribunal de commerce de Lille au printemps 2024, désormais fortement réduit mais toujours actif.
La qualité y touche des pièces de sécurité au sens le plus strict, régies par les normes européennes propres aux roues, aux axes et aux essieux montés. À Raismes, Pandrol produit des systèmes d'attache et de fixation de la voie, sous les normes d'essai des attaches de rail ; à Crespin encore, Barat Sofanor pour les aménagements ferroviaires et Sirail pour les faisceaux électriques embarqués.
Et à Petite-Forêt, le Centre d'Essais Ferroviaires exploite des bancs qui éprouvent ces produits. Cette grappe fait de Valenciennes un lieu rare, où l'on conçoit, fabrique, essaie et valide le train au même endroit.
Le deuxième pilier est l'automobile, tout aussi présent. À Onnaing, Toyota Motor Manufacturing France assemble les Yaris et Yaris Cross : c'est le plus gros site industriel du bassin, dans la tranche 2 000 à 4 999 salariés, avec sa ceinture de fournisseurs comme Toyota Boshoku pour les sièges.
À Trith-Saint-Léger, le site Stellantis de Valenciennes, dans la tranche 1 000 à 1 999 salariés et fort d'environ deux mille deux cent cinquante personnes selon la presse, produit des boîtes de vitesses.
À une dizaine de kilomètres, sur la commune de Lieu-Saint-Amand — le « site de Hordain », ancien Sevelnord —, un autre établissement Stellantis de la même tranche fabrique des véhicules utilitaires légers, avec des équipementiers voisins comme Eurostyle Systems. Tous ces sites vivent sous l'IATF 16949 et sa boîte à outils, et emploient structurellement des ingénieurs qualité ; le bassin est si dense qu'un profil automobile y devient mobile sur une dizaine d'adresses sans déménager.
Le troisième registre mêle l'acier et l'aéronautique. À Saint-Saulve, l'aciérie électrique Saarstahl Ascoval, dans la tranche 250 à 499 salariés, produit blooms et billettes à partir d'un four à arc, dont de l'acier destiné au ferroviaire — et elle appartient au même groupe Saarstahl que les grands lamineurs de rail, ce qui referme, dans un même bassin, la boucle qui va de l'acier à la roue.
À Rouvignies, SKF Aeroengine France, dans la tranche 500 à 999 salariés, fabrique des roulements et des composants de précision pour les moteurs d'avion, sous référentiel aéronautique EN 9100, aux côtés d'Aresia pour les équipements aéronautiques et de défense. À Marly, DCX Chrome travaille la métallurgie du chrome.
À cette panoplie s'ajoutent des ingénieristes locaux comme Hiolle Technologies et Segula, un site pharmaceutique — Athena IPS à Prouvy, sous bonnes pratiques de fabrication —, un fabricant de dispositifs médicaux — SAP à Saint-Saulve, sous la norme dédiée —, et l'agroalimentaire de Barilla, la marque Harry's, à Onnaing.
Les ordres de grandeur disent la profondeur du marché : le seul balayage des industries manufacturières recense plusieurs centaines d'établissements sur le bassin, et les grands sites du rail et de l'auto alignent, à eux seuls, plusieurs milliers d'emplois industriels. Cette diversité protège les carrières : quand une filière ralentit, une autre embauche, et le qualiticien qui maîtrise l'IRIS comme l'IATF reste recherché d'un bout à l'autre du Hainaut.