Le tissu vierzonnais se lit comme une collection de spécialités, sans employeur écrasant. L'hydraulique de puissance y tient une place de premier plan : Parker Hannifin y produit des pompes et des moteurs hydrauliques à palettes, exportés à la quasi-totalité, sur ce que la presse régionale décrit comme le premier site mondial du groupe pour ce type de pompes.
L'antivibratoire suit, avec Paulstra, du groupe Hutchinson, qui fabrique à Vierzon des solutions d'isolation des vibrations et du bruit pour les véhicules — un métier de la qualité automobile, sous son référentiel dédié. Ces deux établissements, de la tranche cent à deux cents salariés, ancrent le bassin dans la mécanique et l'automobile.
L'aéronautique forme le deuxième pilier, sur un mode discret mais exigeant. Durkopp, dont le siège est à Vierzon, produit des roulements à aiguilles et des organes de transmission et abrite un centre d'excellence aéronautique du groupe : un centre de décision, pas une succursale.
À quelques kilomètres, à Vignoux-sur-Barangeon, Blanc Aéro Industries, du groupe LISI Aerospace, fabrique des fixations pour moteurs et fuselages, sous le référentiel aéronautique et l'accréditation des procédés spéciaux. Ici, la qualité vit de l'inspection première pièce, de la qualification des traitements et de la traçabilité jusqu'à la matière — une culture de la preuve aéronautique, sur des pièces minuscules et critiques.
Le métal et la chimie complètent le noyau. Au bord du canal de Berry, FCI Industries coule l'acier et la fonte, pour l'énergie, l'hydraulique et l'armement, sur des pièces qui atteignent plusieurs tonnes : la qualité y prend la forme du contrôle métallurgique et du certificat matière, là où le verre et la porcelaine, gloires anciennes de la ville, se sont éteints.
Toujours à Vierzon, Jacobi Carbons — sur son site historique de Forges — produit du charbon actif à partir de coques de noix de coco, un métier de chimie et de traitement de l'eau et de l'air, avec un projet de seconde usine dans le bassin.
Et PIP Fall Protection, siège à Vierzon, fabrique des équipements antichute — harnais et longes de la marque Miller —, dont la conformité relève de la réglementation des équipements de protection individuelle : une niche rare, où la vie de l'utilisateur dépend de la preuve. Signalisation métallique, chaudronnerie, usinage de précision, levage complètent ce tissu de PME.
L'écosystème de formation reflète cette histoire. À Vierzon même, le lycée Henri Brisson propose des brevets de technicien supérieur peu répandus en France, calqués sur l'héritage du bassin : un BTS Fonderie et un BTS Industries céramiques, mémoire vivante du métal et de la terre, aux côtés d'un BTS de conception de produits industriels et d'un BTS de maintenance — des viviers directs de techniciens de la production et du contrôle.
Pour le niveau ingénieur, en revanche, il faut se tourner vers Bourges, à une trentaine de kilomètres, où l'institut universitaire de technologie de l'Université d'Orléans prépare au brevet universitaire de technologie « qualité, logistique industrielle et organisation » — le diplôme qualité de référence du secteur — et où l'école d'ingénieurs du Centre-Val de Loire a son campus.
Un point de maille à respecter : ce sont des atouts de l'aire berrichonne, à distance de Vierzon, non des établissements vierzonnais. Le bassin, enfin, n'a pas de pôle de compétitivité qui lui soit propre ; sa cohérence tient à son carrefour — routier et surtout ferroviaire, au croisement des grandes lignes — plus qu'à un cluster labellisé.