Le point le plus distinctif du bassin se trouve au sud, dans le quartier de La Source, et il est public : le BRGM y tient son siège. Ce n’est pas une antenne régionale mais le service géologique national lui-même, celui qui édite les grandes bases du sous-sol français — la banque du sous-sol, les données des eaux souterraines, les portails d’information géologique et de risques naturels.
Le data analyst y manie une géodonnée à l’échelle du pays : séries environnementales, systèmes d’information géographique, cartographie du sous-sol et des aquifères.
À une dizaine de kilomètres au sud, à Ardon, hors de la métropole, le centre Val de Loire de l’INRAE prolonge ce versant avec la donnée nationale de la qualité des sols, quand le CNRS, à La Source également, fait vivre des unités de géosciences et de sciences des matériaux, et que l’université d’Orléans complète ce socle scientifique. C’est un pôle de donnée publique et environnementale que nulle autre ville de ce guide ne porte à ce niveau.
Le deuxième monde est celui du parfum et du cosmétique, et il fait d’Orléans l’un des cœurs de la Cosmetic Valley. À Saint-Jean-de-Braye, à l’est de la métropole, l’usine des Parfums Christian Dior produit à grande échelle, sur une donnée de fabrication, de qualité de lot et de traçabilité, doublée, à la même adresse, de LVMH Recherche, sur la donnée d’essais et de physico-chimie de la formulation.
À Ormes, au nord-ouest, Gemey Paris-Maybelline New York, du groupe L’Oréal, fabrique du maquillage — maîtrise statistique de procédé, rendement, qualité —, et Shiseido y tient un site de production, prolongé par un établissement à Gien, plus au sud-est. À Gidy, hors métropole, la maison Caudalie assure conditionnement et recherche.
La donnée de la cosmétique — production, contrôle, formulation, ventes — est ici un métier à part entière, et il est propre à ce bassin.
La pharmacie de production forme un troisième cercle, souvent voisin du précédent. À Gidy, les Laboratoires Servier Industrie tiennent un grand site de fabrication, où la donnée est celle des dossiers de lot, des déviations et de la qualité ; au centre d’Orléans, Technologie Servier travaille la recherche et la donnée d’études.
À La Source, le façonnier Delpharm produit pour le compte de tiers, et à Semoy, au nord-est, Merck Santé fabrique des médicaments. On y décrit toujours la nature de la donnée — essai, lot, contrôle — sans jamais lui attacher de statut réglementaire.
Vient le quatrième pôle, et c’est celui qui donne à Orléans une part de sa réputation : la logistique. Le long de l’autoroute A10, au nord de la ville, Saran concentre des entrepôts de premier plan. Amazon y exploite un centre logistique majeur, sur une donnée de flux, de prévision et d’optimisation d’entrepôt ;
Deret, groupe orléanais spécialisé dans la logistique de la cosmétique et du luxe, y fait le pont avec les maisons voisines ; Geodis y ajoute le transport et la chaîne d’approvisionnement. À Fleury-les-Aubrais, tout près, John Deere tient son siège français et sa distribution de pièces, sur une donnée de chaîne d’approvisionnement, de service après-vente et de télématique agricole.
À Vennecy, un entrepôt de L’Oréal complète ce maillage. La donnée d’entrepôt, de flux et de prévision est ici un débouché nourri.
Deux mondes plus classiques achèvent la carte. L’industrie et l’équipement, d’abord : à La Chapelle-Saint-Mesmin, à l’ouest, la verrerie Duralex fait de la donnée de procédé, d’énergie et de qualité ; à Fleury-les-Aubrais, Thales tient un site d’électronique et de systèmes, sur une donnée industrielle ;
à Boigny-sur-Bionne, un établissement d’IBM assure des services informatiques. L’agriculture, ensuite : à Olivet, au sud, la coopérative Axéréal — l’une des grandes coopératives céréalières françaises — pilote la collecte, le rendement, la qualité du grain et la donnée de marché des matières premières, prolongée par sa structure d’innovation.
Le service public et la banque régionale ferment le tableau : le centre hospitalier universitaire d’Orléans, sur une donnée d’activité et de pilotage ; la Région Centre-Val de Loire, dont Orléans est la capitale, sur la donnée territoriale et l’open data ; la Caisse d’Épargne Loire-Centre, sur le risque et le reporting d’un réseau régional.
Des sociétés de services, à Olivet et à Orléans, donnent accès en mission à ces projets, ce qu’on énonce comme un fait de marché. Deux compléments méritent d’être notés, l’un scientifique, l’autre industriel.
Côté recherche, le siège du BRGM ne se contente pas d’héberger des bases : il pilote la banque nationale du sous-sol, le portail des eaux souterraines et les cartes d’aléas naturels, autant de jeux de données que consultent l’aménagement, l’environnement et l’industrie du pays entier ;
les unités du CNRS installées à La Source — géosciences, sciences des matériaux, biophysique — y ajoutent une donnée de recherche fondamentale, et l’université d’Orléans ses propres laboratoires. Côté industrie, le Loiret déborde largement de la seule métropole : à Châlette-sur-Loing, dans le Montargois, à une soixantaine de kilomètres à l’est, la maison Hutchinson travaille le caoutchouc et l’étanchéité sur une donnée de qualité industrielle ;
à Amilly, tout près, un site de production de Sanofi prolonge la pharmacie du département ; et à Fleury-les-Aubrais comme à La Ferté-Saint-Aubin, au sud, Thales tient des sites d’électronique et de systèmes.
Ces implantations, éloignées du centre, rappellent que le marché de la donnée du Loiret ne se lit pas à la seule échelle d’Orléans, mais d’un département industriel étendu — un point que tout candidat gagne à intégrer avant d’arrêter sa zone de recherche.
Cette dispersion tient aussi à la géographie routière : traversé par l’A10, l’A71 et l’A19, relié à Paris en une heure de train, le Loiret s’est imposé comme un carrefour logistique du Val de Loire, ce qui explique la densité d’entrepôts le long de ces axes et, avec elle, une demande continue de pilotage des flux — un terrain concret pour qui sait faire parler des données d’exploitation.
Pour s’y retrouver avant de postuler, mieux vaut fixer la géographie : la science publique et l’hôpital à La Source, la cosmétique à l’est et au nord-ouest, la logistique au nord le long de l’A10, la pharmacie à Gidy et à Semoy, l’agriculture à Olivet. Une même annonce — « data analyst à Orléans » — recouvre ainsi le sous-sol d’un pays, un flacon de parfum et un entrepôt d’autoroute : des matières que rien ne rapproche, sinon le Loiret.