Le premier socle est aéronautique, et il structure l’ouest de l’agglomération. Airbus, dont l’entité Airbus Operations occupe le 316 route de Bayonne dans le quartier de Saint-Martin-du-Touch (Toulouse 31300, établissement de plus de 10 000 salariés selon la tranche INSEE), fait de la donnée d’essais en vol, de production et de non-conformités un flux quotidien ;
sa plateforme Skywise, dédiée à la maintenance prédictive de flotte et présentée comme reposant sur la technologie Palantir, revendiquait publiquement de l’ordre de 11 600 avions connectés fin 2024.
Autour de ce donneur d’ordre gravite un tissu d’aérostructuriers et d’équipementiers : Airbus Atlantic à Colomiers (1 boulevard de l’Europe, à une douzaine de kilomètres à l’ouest, 1 000 à 1 999 salariés), Daher Aerospace à Cornebarrieu (avionneur TBM et aérostructures, à quatorze kilomètres au
nord-ouest, 1 000 à 1 999 salariés), Latécoère au 135 rue de Périole (31500, câblage et aérostructures, 250 à 499 salariés) et Liebherr-Aerospace Toulouse, avenue des États-Unis (systèmes d’air, 1 000 à 1 999 salariés), dont les bancs d’essai produisent une donnée de fiabilité. Navblue, filiale d’Airbus installée à Blagnac (à huit kilomètres au nord-ouest), travaille la donnée d’opérations en vol ;
ses activités ont rejoint l’entité Skywise le 1er avril 2026. Pour un data analyst, l’angle reste ici sectoriel — essais, production, qualité, maintenance — sans qu’aucun caractère réglementaire ne soit attaché à ces sociétés.
Le deuxième socle est spatial, et il occupe le sud-est de la ville, autour de l’avenue Édouard Belin et de l’avenue Champollion. Le CNES y tient son Centre Spatial de Toulouse (18 avenue Édouard Belin, 31400, 1 000 à 1 999 salariés) : opérations de satellites, traitement d’observation de la Terre, archives.
Thales Alenia Space France construit des satellites au 26 avenue Jean-François Champollion (31100, 2 000 à 4 999 salariés), où la donnée est celle des tests et de la recette. À la même adresse, Telespazio France (250 à 499 salariés) valorise la donnée satellitaire et exploite le segment sol. Airbus Defence and Space, dans la zone industrielle du Palays (rue des Cosmonautes, 2 000 à 4 999 salariés), travaille l’imagerie et la géo-information.
Enfin CLS — Collecte Localisation Satellites, filiale née du CNES, à Ramonville-Saint-Agne (11 rue Hermès, à neuf kilomètres au sud-est, 250 à 499 salariés) — fait de la surveillance environnementale par satellite, de l’océanographie et du système Argos un métier où la donnée d’observation est le produit lui-même.
La donnée d’essais trouve un prolongement chez Safran Data Systems à Labège (Innopole, à une douzaine de kilomètres au sud-est), spécialiste de la télémétrie et de l’instrumentation d’essais en vol, et chez Actia Automotive, à Montaudran et Colomiers, sur la donnée de diagnostic et de télématique embarquée, où l’électronique de bord produit ses propres flux de mesure.
Le troisième socle n’a pas d’équivalent en France : Météo-France concentre à la Météopole, 42 avenue Gaspard Coriolis (31100, 500 à 999 salariés), la prévision numérique nationale. Ses modèles Arpège, à couverture globale, et Arome, à maille régionale, tournent sur les supercalculateurs Belenos et Taranis (Bull Sequana, mis en service en 2021, d’une puissance de calcul annoncée de l’ordre de 21 pétaflops) ;
le data analyst y travaille l’analyse de sorties de modèles, l’observation et la réanalyse climatique. Aucune autre métropole française n’abrite le centre national de prévision, et le centre de recherche météorologique CNRM lui est co-localisé, prolongeant l’écosystème public de la donnée atmosphérique.
Aux côtés du triangle, la santé forme un pôle à part, concentré sur l’Oncopole, au sud (quartier de Langlade, 31100). Le CHU de Toulouse, réparti entre Purpan (31300) et Rangueil (31400), fait vivre un entrepôt de données hospitalières au service de la recherche clinique, sous cadre RGPD et hébergement de données de santé.
Sur le site de l’Oncopole, Evotec (195 route d’Espagne, 500 à 999 salariés), qui a repris l’ancien centre de recherche Sanofi en 2018, traite la donnée de criblage et les données précliniques, tandis que Pierre Fabre y exploite un site de recherche en immuno-oncologie — son cœur industriel demeurant, lui, dans le Tarn.
L’IUCT-Oncopole, qui fédère le CHU et l’Institut Claudius Regaud, porte le projet public OncoLab de standardisation de données de santé.
Le reporting réglementaire, lui, se traite en première couronne, à Balma, à l’est : la Banque Populaire Occitane (33 avenue Georges Pompidou) et Groupama d’Oc (14 rue de Vidailhan) y ont leurs sièges — risque de crédit, actuariat, sinistralité, souscription —, quand la Caisse d’Épargne Midi-Pyrénées tient une adresse rue du Languedoc (31000).
La coopérative Arterris, avenue Marcel Dassault (31500) et dans les silos du Lauragais, complète le tableau avec la donnée agronomique, la prévision de collecte, la qualité des grains et le suivi du marché des céréales, sur le terrain de l’agriculture de précision.
À côté de ces employeurs privés, la donnée publique tient sa place dans le paysage toulousain. fr, qui met à disposition sous licence ouverte des jeux de données urbains, de mobilité et d’environnement ; le data analyst y trouve une matière de restitution cartographique et de tableaux de bord territoriaux, éloignée de la donnée transactionnelle des autres pôles.
La filière se fédère par ailleurs autour de réseaux qui font partie du décor local : Aerospace Valley, pôle de compétitivité aérospatial commun à Toulouse et à Bordeaux, structure la demande aéronautique et spatiale, tandis que La French Tech Toulouse anime la communauté numérique. Cette organisation collective, adossée aux laboratoires publics de la donnée, entretient un flux d’échanges continu entre employeurs, chercheurs et jeunes diplômés.
Reste la couche numérique, qui irrigue tous les autres.
Les grandes sociétés de services — Sopra Steria Group à Colomiers (1 avenue André-Marie Ampère), Capgemini Technology Services, dont l’adresse toulousaine porte l’enseigne « Division Aérospatiale et Défense » (105 avenue du Général Eisenhower), CGI France à Basso Cambo, Thales Services Numériques à Labège — figurent parmi les donneurs d’ordre du marché, sur des projets data adossés aux secteurs aéronautique, spatial et public ;
c’est un fait de marché, sans jugement de valeur. L’éditeur Berger-Levrault, à Labège (64 rue Jean Rostand, 500 à 999 salariés), porte pour sa part la donnée métier du secteur public, de la santé et de l’éducation. Vue d’ensemble, la géographie de la donnée toulousaine se lit par quartiers : l’aéronautique à l’ouest et au nord-ouest, de Saint-Martin-du-Touch à Blagnac et Cornebarrieu ;
le spatial au sud-est, sur l’axe Belin–Champollion jusqu’à Ramonville ; la météo à la Météopole ; la santé à l’Oncopole ; la finance à Balma ; et le service numérique à Labège et Basso Cambo. Un même intitulé, mais des adresses et des mondes de données distincts — ce que la seule ligne « Toulouse » d’une annonce ne dit jamais.